Simulateur des finances publiques

Retraites, impôts, dépenses : réglez les leviers du budget et voyez l'effet sur le déficit et la dette jusqu'en 2036, avec les avantages et les inconvénients de chaque choix.

En 2026, les administrations publiques dépensent 1 742 Md€, soit 57,1 % du PIB. Le déficit atteint 5,4 % du PIB et les intérêts de la dette 79,2 Md€. Chaque levier part de la situation d'aujourd'hui : déplacez-le pour voir ce qu'il change, et ouvrez ses avantages et inconvénients pour comprendre pourquoi il fait débat.

Partir d'un scénario

Les règles votées aujourd'hui : réforme des retraites suspendue, défense portée à 2,5 % du PIB en 2030 par la loi de programmation militaire.

Résultat de votre scénario

Déficit en 2030
6,9 %
du PIB
Dette en 2036
157,3 %
du PIB
Intérêts en 2036
221 Md€
5,5 % du PIB
Déficit sous 3 %
pas avant 2037
règle européenne

Solde public en % du PIB : sous zéro, un déficit.

  • Votre scénario
  • Lois en vigueur
  • Trajectoire du PLF 2027

Variation du déficit par rapport aux lois en vigueur

Votre scénario est celui des lois en vigueur. Bougez un levier pour voir ce qu'il change.

Les leviers

Âge légal de départ

Aujourd'hui

La réforme de 2023 porte l'âge de départ à 64 ans ; sa suspension, votée en LFSS 2026, maintient 62 ans et 9 mois pour les générations nées de 1963 à mars 1965 ; l'âge remonte ensuite jusqu'à 64 ans pour la génération 1969. Choisir un autre âge change le nombre de retraités et d'actifs.

62 ans et 9 mois, réforme de 2023 suspendue

Aujourd'hui : 62 ans et 9 mois, réforme de 2023 suspendue

En 2030
aucun effet
En 2036
aucun effet
Avantages, inconvénients et chiffrage

Avantages

  • Un effet puissant à court terme, plus fort que celui de la durée d'assurance. source
  • Seul des leviers étudiés par le COR qui augmente l'emploi et le PIB : un an de plus améliore le solde primaire de l'ensemble des administrations de 0,3 à 0,65 point de PIB à 20 ans. source
  • De 200 000 à 240 000 emplois de plus à 20 ans pour un an d'âge en plus. source

Inconvénients

  • Le chômage augmente un temps et une partie de l'économie se reporte sur d'autres prestations : environ 20 % après la réforme de 2010, surtout chômage, indemnités journalières et minima sociaux. source
  • Moins de temps libre, ce qui peut réduire le bien-être ; le COR juge le bilan d'ensemble difficile à établir. source
  • L'effet se stabilise à moyen terme : il ne règle pas seul le déséquilibre de long terme. source

Comment c'est chiffré

Écart à la réforme de 2023 en 2035, toutes administrations et effets de bord compris (Cour des comptes) : 63 ans coûte 13 Md€, 65 ans rapporte 17,7 Md€, atteints progressivement. Lever la suspension rapporte 1,8 Md€ par an jusqu'en 2032 (COR). La montée en charge est une approximation linéaire.

Effet sur l'activité : Aucun : les chiffrages de la Cour couvrent toutes les administrations, effets de bord compris, et le COR montre qu'un âge plus tardif augmente l'emploi et le PIB.

Revalorisation des pensions

Aujourd'hui

Écart entre la hausse des pensions de base et l'inflation, chaque année de 2027 à 2030. Négatif : les pensions perdent du pouvoir d'achat.

indexées sur l'inflation

Aujourd'hui : indexées sur l'inflation

En 2030
aucun effet
En 2036
aucun effet
Avantages, inconvénients et chiffrage

Avantages

  • Rendement immédiat et certain : 2,9 Md€ par point dès la première année. source
  • Effet faible sur l'activité, les retraités épargnant environ un quart de leur revenu. source
  • Une règle d'indexation pilotable, comme celle de l'Agirc-Arrco ou de l'Allemagne, ajusterait mieux le système que l'indexation automatique actuelle. source

Inconvénients

  • Effet récessif à court terme : 6 Md€ font perdre 0,1 à 0,2 % de PIB et 10 000 à 20 000 emplois. source
  • Une perte durable de revenu pour les ménages retraités, que les gains de compétitivité ne compensent pas. source
  • Le niveau de vie des retraités, égal à celui de la population en 2023, tomberait à 90 % en 2070 avec les règles actuelles ; une sous-indexation creuserait encore cet écart. source

Comment c'est chiffré

Un point de sous-indexation des pensions de base rapporte 2,9 Md€ la même année (Cour des comptes, sur 2025). L'écart s'accumule : quatre ans à −1 point font un niveau de pensions inférieur de près de 4 %, qui reste acquis ensuite.

Effet sur l'activité : 0,75, milieu de la fourchette du COR : 6 Md€ de moindre revalorisation coûtent 0,1 à 0,2 % de PIB. Les retraités épargnent environ un quart de leur revenu.

Cotisations retraite

Aujourd'hui

Hausse ou baisse du taux de cotisation vieillesse, en points de salaire.

aucun changement

Aujourd'hui : aucun changement

En 2030
aucun effet
En 2036
aucun effet
Avantages, inconvénients et chiffrage

Avantages

  • Fort rendement : 4,8 à 7,6 Md€ par point. source
  • Amélioration mécanique et immédiate du solde des régimes. source

Inconvénients

  • Alourdit le coût du travail : 6 Md€ de cotisations employeurs en plus coûtent 25 000 à 50 000 emplois à deux ans. source
  • Se traduit soit par des coûts de production plus élevés, soit par des salaires nets plus bas. source
  • À long terme, la charge retombe surtout sur les salariés, par des salaires plus faibles. source

Comment c'est chiffré

Un point de cotisation rapporte 4,8 à 7,6 Md€ selon qu'il porte sur la part patronale ou salariale, sous ou au-dessus du plafond (Cour des comptes) ; le simulateur retient le milieu, 6,2 Md€.

Effet sur l'activité : 0,6 : multiplicateur à deux ans d'une variation des cotisations employeurs dans le modèle Mésange de l'Insee et de la DG Trésor.

Méthode et limites

Le point de départ est l'année 2026 décrite par le rapport économique, social et financier d'octobre 2026 : déficit de 5,4 %, dette de 119,3 % du PIB, solde primaire de -2,8 %. Le PIB de départ, 3 050 Md€, est celui qu'impliquent ses ratios.

Les « lois en vigueur » prolongent cette situation : dépenses et recettes hors intérêts suivent le PIB, et seule la loi de programmation militaire s'y ajoute. C'est un repère, pas une prévision : le gouvernement prévoit un retour sous 3 % en 2029, que le Haut Conseil des finances publiques juge très peu vraisemblable. Sa trajectoire figure sur les graphiques.

Chaque mesure est chiffrée par une source publique, sans changement de comportement des contribuables sauf mention contraire. Les intérêts suivent le stock de dette : sa maturité moyenne étant de 8,5 ans, la part qui arrive à échéance chaque année se refinance au taux d'emprunt choisi. L'effet sur la croissance applique à chaque mesure un multiplicateur tiré du modèle Mésange, de l'OCDE ou du COR ; comme dans l'analyse de soutenabilité de la Commission européenne, cet effet s'estompe en trois ans ; les effets d'offre de long terme, comme l'emploi gagné par une réforme, n'y figurent que lorsque la source les inclut.

Les chiffrages sont des ordres de grandeur : deux sources sérieuses peuvent différer du simple au décuple, comme pour la taxe sur les très hauts patrimoines. Les sources de chaque levier sont dans sa fiche.